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R.G. Le Progrès Décembre 2011:

Début d’été 68. Alors que la révolution gronde encore sur les villes, une religieuse, soeur Élisabeth, installée pour la belle saison au Bessat, petit village de la Loire, rencontre parfois au cours de ses promenades dans le Pilat, une poignée de gamins qui passent une partie de leurs journées à chanter et à jouer de la flûte ou de la guitare. Des liens se créent et elle leur propose un jour d’animer une messe dans la paroisse locale pour la rendre plus « vivante ». C’est la première rencontre avec le public et ce sera le début de toute l’histoire du groupe.

Dès l’été 1969, c’est l’avènement de la grande aventure : premier spectacle, salle Jeanne-d’Arc, à Saint-Etienne, puis s’enchaînent les MJC, les cabarets, les Maisons de la Culture, les festivals. Dans le même temps naissent les rencontres et les soirées avec des copains déjà aguerris : Javel, Lyonnaz, Borne, un certain Nanard devenu Lavilliers, et les autres… Et puis avec Gény Detto, le guitariste de Graeme Allwright et Marie Laforêt. On est en 1971, l’époque est porteuse. La musique est partout. Le Condor Pasa fait un tabac. Les Guarachas se lancent dans l’aventure de l’enregistrement avec Gény Detto qui a ouvert un studio. Ils font d’abord graver un 45 tours, immédiatement suivi d’un 33 tours en 1974. Petit à petit Saint-Étienne devient un peu exiguë. Et c’est alors le début des tournées et des voyages : Rhône-Alpes d’abord, puis l’Allemagne, le Danemark, l’île de Wight et… l’Amérique du Sud.

Arrivent les années 80-90 et c’est aussi l’époque des grands projets : une première Misa Criolla, un spectacle de danse avec l’école de Michèle Mérieux, puis la fameuse Suite des Andes avec Gérard Thomas et pas moins de 600 choristes ! Deux cassettes viendront couronner cette époque.

Pourtant en 1993, la disparition tragique d’un des leurs manque mettre un terme définitif à cette belle aventure. Mais poussés par les proches et par les amis, ils réempoignent courageusement les Kenas, les charangos, les guitares et, comme pour combattre le destin, ils mettent toute leur énergie dans de nouvelles créations. Le programme est radicalement modifié et rénové.

La technique et la sensibilité s’affinent en même temps… la machine est relancée. Outre les spectacles, dans la foulée, est décidé l’enregistrement d’un CD qui, en plus de douze nouveaux titres inclura les cinq thèmes de la Misa Criolla avec les voix des chorales « A Cœur Joie » de la région Rhône-Alpes. Gény Detto, alors installé à Nice répond encore une fois présent pour l’enregistrement et, récemment reconverti à la peinture, il signera même le dessin de la jaquette. Suite à une forte demande de leurs copains-admirateurs, un second CD, sorte de Best-Off de leurs anciennes cassettes viendra ensuite, grâce à la technique du remastering, compléter leur discographie en 2000.

Puis fortement accaparés par leur active participation dans l’ensemble « Printemps des Andes », en gardant pourtant toujours leur identité bien personnelle, ils vont pendant une dizaine d’années, délaisser un peu les studios jusqu’à ce printemps 2011 où, la tête et les instruments débordants de nouvelles créations, ils ont été démangés à nouveau par l’envie de se relancer dans l’aventure de l’enregistrement. « Nous avons décidé cette fois de prendre notre temps, de ne rien bâclé, car ce disque célébrera nos 43 ans de musique ensemble ».

Et, comme pour encore mieux marquer l’événement, ils ont choisi d’y adjoindre de nombreux talents de rencontre, anciens ou nouveaux, parmi lesquels l’ami de toujours Gény Detto, puis Antoine Géraci, Marie Monnier, Ghyslaine Pérez, Mickaÿ Portales et bien d’autres encore afin d’apporter un petit plus en qualité, en originalité et surtout en chaleur à leurs interprétations. Les Guarachas ne changeront donc jamais : avec eux, ce sera toujours « le temps des copains ! » Leur musique et l’ardeur spontanée si intensément et naturellement humaine qu’ils y apportent s’en ressent toujours profondément, de toute façon